Pierre Jourde

Biographie

1958
23 mai 1958 : naissance de Bernard, le frère cadet. Tous les étés, vacances dans la maison du Cantal, à laquelle est attenante une ferme en activité, propriété des grands-parents paternels. Plus tard, très nombreux séjours, en toutes saisons.

1967
Entre en sixième à l’école des Francs-Bourgeois, dans le Marais, à Paris, tenue par les Frères des écoles chrétiennes. Y rencontre Jean-Michel Moreaux, futur biologiste, et Jacques Dorol, futur médecin de l’Elysée.

1971
Participe aux grèves et manifestations contre la loi Debré sur le sursis. Mort de son arrière-grand-mère, vieille Auvergnate qui l’a en partie élevé à Créteil.

1972
Découverte de Proust. Première grande passion littéraire.
 
1973
En première littéraire, renvoyé deux semaines pour indiscipline. Commence à jouer de l’orgue dans un groupe de rock. Au répertoire : Doors, Pink Floyd, etc. Stage de voile dans l’archipel des Glénans.

1974
Baccalauréat littéraire. Travaille un mois dans les bureaux de l’hôpital intercommunal de Créteil pour se payer son premier grand voyage, en Grèce, avec un ami, avec la carte interrail. Gagne Athènes en train par l’Italie et la Yougoslavie. Visite Delphes, Olympie, Mycènes, Epidaure, Corinthe, Andros, Delos, Rhodes, etc, pendant la crise chypriote. Entre en Hypokhâgne à Marcellin Berthelot, à Saint-Maur (94). Rencontre avec Guylaine Massoutre, qui deviendra journaliste au Devoir de Montréal, et Franck Coquet, géographe de formation, à l’époque membre du PCF, futur juge au tribunal administratif. Commence à pratiquer le cross country et le demi-fond (5000 m.), le football, le ski alpin, la randonnée en montagne ainsi que la poésie, la photographie et les échecs à la Maison des jeunes de Créteil. Publie de mauvais poèmes dans le bulletin de la maison des jeunes.
1975
Décide de renoncer à la khâgne. S’inscrit en philosophie à Paris XII-Créteil, et au parti communiste. Milite dans sa cellule de quartier, à Créteil, et prend la direction de la section de l’Union des Etudiants Communistes à Paris XII. Elu de l’UEC à l’université. Reçu au concours des IPES en lettres. Fait de l’alphabétisation pour les travailleurs immigrés. Traversée à pied des Cévennes, de Carcassonne au Mont Lozère, première de nombreuses randonnées en France et à l’étranger.
1976
Des divergences avec la hiérarchie de l’UEC le poussent à se démettre de ses mandats. A la suite d’erreurs d’inscription, s’aperçoit qu’il n’a pas suivi les bons cours pour obtenir son Deug de philosophie. Renonce à la philosophie et est admis en khâgne de lettres modernes au lycée Claude Monet, à Paris. Prend un appartement dans un immeuble de Créteil, avec Guylaine Massoutre. Voyage en Turquie orientale et Kurdistan : Istambul, Ankara, Trabzon, Erzurum, Kars, Van, Diyarbakir, Urfa, la Cappadoce et le Nemrud Dagh.

1977
Se présente au concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure. Admis dans les premiers après les épreuves écrites, s’effondre complètement à l’épreuve libre de l’oral. Figure dans les premiers non admis de la liste complémentaire. Découragé par cet échec in extremis, rejoint l’université Paris XII en renonçant à une deuxième tentative. Rencontre avec le peintre Kristian Desailly. Avec un groupe d’amis, retape un vieux combi Volkswagen. Font le tour de l’Espagne et du Portugal. Ramassent au passage le Hollandais Rien Hilhorst, qui devient un ami. Elève des lézards rares achetés en Hollande, qui finiront leur carrière au vivarium du Jardin des Plantes de Paris.

1978
Maîtrise de lettres modernes, L’Esthétique décadente dans A rebours. Echec à l’oral du Capes, qui se renouvellera deux fois. Part en octobre au service militaire. Classes à la base aérienne de Cambrai, puis école d’officiers à la base d’Evreux. Manœuvres hivernales dans la neige. En février 1979, sorti de l’école d’officiers dans les premiers, il devient aspirant au Château de Vincennes, au Service Historique de l’armée de l’air. Relations très conflictuelles avec les scientifiques du contingent et la hiérarchie militaire, qui lui supprime des permissions, pour des raisons politiques et de service. Commence à rédiger des nouvelles fantastiques.

1979
Retour à Paris XII. Nouvel échec au Capes. Longues explorations solitaires des forêts et des steppes du Cézallier.
1980
Reçu en lettres et histoire au concours PEGC, sorte de super-instituteurs voués à enseigner deux matières dans les collèges. Année de stage de formation à l’école normale de Livry-Gargan. Rencontre Nadia Marchand. Cesse de militer au parti communiste. S’inscrit à l’agrégation sans la préparer. Voyage en Inde avec un groupe d’amis : Cachemire, Ladakh, Rajasthan, Katmandou. Stage de voile aux Glénans (base en Irlande, près de Cork).

1981
Disponibilité, pour passer le DEA et partir plusieurs mois en Inde. Voyage en Grèce avec Nadia Marchand.

1982
Reçu à l’agrégation de lettres modernes. Deuxième voyage en Inde. Randonnée à pied du Ladakh au Zanskar. Nommé professeur dans le collège d’un petit bourg du Puy de Dôme. Enseigne le français et le latin, de la 6e à la 4e. Création d’un club théâtre, avec fabrication de masques, pour les élèves de 6e. Chargé de cours à l’université de Clermont. Habite en partie à Royat. Achève un premier manuscrit de nouvelles sous influence borgésienne, Obscures. Refus général.

1983
En mai, départ pour l’Inde avec un ami, Thierry Tulippe. Franchissent l’Himalaya enneigé pour passer au Zanskar, non sans difficultés. Manquent s’égarer dans une tempête de neige à 5000 mètres d’altitude. Trois semaines de marche. Retour par le Cachemire, puis, jusqu’en août, avec Nadia Marchand, Agra, Bhopal et l’Inde du sud, Madras, Pondichéry, Mahabalipuram. En septembre, reprend son poste en Auvergne. Commence à rédiger son premier roman, Jardins déserts, structure fondée sur une alternance de différents moments d’une vie, en descendant puis en remontant le flux temporel, et une trame fantastique autour du thème du double, où le personnage principal est amené à se rencontrer et à se tuer lui-même.

1984
Nommé à Lillers, dans le Pas de Calais, près de Béthune. Habite le XXe arrondissement de Paris. Achève Jardins déserts. Le manuscrit est refusé partout, ainsi que d’autres recueils de nouvelles. Commence à rédiger une thèse sur les Géographies imaginaires.

1985
Nommé au lycée Marie Curie de Nogent sur Oise, près de Creil. Classes générales et professionnelles (chaudronnerie). Anime le club théâtre, qui donne diverses représentations au lycée et dans la région. Au programme : Ruzzante, Vaclav Havel, Roland Dubillard. Emmène ses élèves randonner en Auvergne, ou en stage de rugby, varappe, boxe et canoë dans le Tarn. Premier voyage, en solitaire, en Italie. Venise, Florence, Sienne. Durant les années qui vont suivre, l’exploration de l’Italie se poursuit systématiquement, notamment à l’occasion de colloques ou de rencontres amicales : Venise, Rome, les Castelli romani, la Toscane, l’Ombrie, les lacs, Naples, les Pouilles, Ischia, Mantoue, Vérone, Ferrare, Florence, la Toscane, Turin, la Sicile, Ischia, les Marches, Trieste, les Dolomites et le Tyrol, la Ligurie.

1986
Rejoint son frère, qui vit dans le sud du Mexique. Voyage au Mexique et au Guatemala. Arrêtés et interrogés par l’armée et les paramilitaires dans la forêt guatémaltèque. S’en tirent sans dommages. Ecrit Faux Christ, roman qui raconte la vie d’adolescents dans une institution religieuse. Le texte est refusé partout. Participe aux manifestations contre la réforme Devaquet.

1987
Mariage avec Pascale Planchette. Habite à Meaux.

1988
Mort de son père, en mars, enterré dans son village du Cantal. Fait imprimer à Reims, chez William Théry, deux recueils de nouvelles illustrés par Kristian Desailly : Histoires acéphales et Territoire des confins. Commence à pratiquer le kick boxing au foyer des jeunes travailleurs de Meaux.

1989
Soutient sa thèse à Paris XII : Géographies imaginaires, sur les mondes imaginaires dans la littérature. Nommé au lycée de Coulommiers. Rencontre avec le poète, dessinateur et metteur en scène Robert Vigneau, de retour du Japon. Rencontre Danièle Duport, spécialiste de la Renaissance, et Philippe Delamare, traducteur de l’anglais. Voyage en Martinique, dans la famille de son épouse. Initiation à la plongée sous-marine. Y écrit Noirs desseins, roman policier se déroulant dans un pays imaginaire d’Afrique. Le texte est refusé partout. Descente en kayak des gorges de l’Ardèche.

1990
Nommé au lycée de Chelles, en banlieue est, juste après le départ de Richard Millet. Déménagement à Vaires sur Marne. Chargé de cours à Paris XII. Commence à publier quelques poèmes en revues. Se met à l’écriture de Carnage de clowns. Une descente en kayak des gorges du Tarn, après un gros orage, tourne mal. Passe pas loin de la noyade.

1991
Naissance d’Axel. Publie sa thèse remaniée chez Corti, ainsi qu’un livre sur Huysmans chez Champion. Avec Robert Vigneau, écrit une adaptation théâtrale du Voyage dans la lune de Cyrano de Bergerac. La pièce ne trouve pas preneur.

1992
Elu maître de conférences en littérature comparée à l’université de Mulhouse. Y noue des amitiés durables et de solides inimités. Se lie avec André Guyaux, Paolo Tortonese, élu la même année à l’université de Chambéry, Gilbert Salmon, Frank Lestringant et plus tard Sophie Basch, Claudio Galderisi, Olivier Bivort, Fabrice Wilhelm. Exploration des vins d’Alsace.

1993
Robert Vigneau lui fait découvrir l’œuvre d’Eric Chevillard. Enthousiasme immédiat. Rédige un article pour la NRF. Refus général de Carnage de clowns. Rencontre du peintre Barrie Hastings, qui enseigne aux Beaux-arts de Mulhouse. Travaille à établir la bibliographie de la correspondance de Huysmans. Randonnées à la Réunion.

1994
Naissance de Gabriel. Soutient son habilitation à diriger des recherches en littérature française du XIXe siècle. Sa thèse d’habilitation, sur la littérature fin de siècle, paraît chez Champion sous le titre L’Alcool du silence. Avec Gilles Polizzi, spécialiste du XVIe siècle, et Claudio Galderisi, spécialiste du moyen âge, lancent un projet de recherche commun sur la notion d’incongruité dans la littérature. Commencent des séminaires sur le sujet. Expertise de maquettes universitaires pour le ministère de l’enseignement supérieur. Chevillard, qui a d’abord refusé, accepte de le rencontrer. Amitié.

1995
Elu professeur des universités à Mulhouse. Randonnées dans les Pyrénées. Après les grandes grèves de l’hiver 1995, lui et Claudio Galderisi sont pris à partie par le président de l’université qui les accuse de n’avoir pas assuré leurs cours, dans une faculté bloquée par les étudiants et rendue inaccessible par la grève des transports. Envoie une réponse publique au président, lui reprochant de tenir des propos diffamatoires sans s’informer sérieusement. En représailles, le président de l’université entame contre eux une procédure disciplinaire. Après audition, ils ne seront finalement pas traduits devant le conseil de discipline. Publie, à l’école des beaux-arts de Mulhouse, Bouts de monde, illustré par Barrie Hastings. Commence à collaborer à la collection « Mémoire de la critique » fondée par André Guyaux aux Presses Universitaires de la Sorbonne, qui a pour but de publier les critiques publiées sur grands auteurs du passé à l’époque de la parution de leurs ouvrages.

1996
Séjour en Martinique, dans la famille. Elu à l’université de Tours. Retrouve par hasard la conseillère pédagogique de ses débuts, Sylvette Marty, et son mari, Jacques Marty, inspecteur régional. Enseigne littérature française et littérature comparée, assure des séminaires de maîtrise et de DEA, des cours de DEUG, de licence, de CAPES et d’agrégation. Se lie d’amitié avec des étudiants, dont certains deviendront écrivains et enseignants (Laurent Soufflet, Johann Trümmel, Yann Migoubert…). Avec certains collègues déjà en place, les relations deviennent rapidement très conflictuelles. Rédige en deux mois un essai sur Vialatte, L’Opérette métaphysique d’Alexandre Vialatte. Ecrit avec Paolo Tortonese un essai sur la double dans les mythes, la littérature fantastique et le cinéma, Visages du double. Commence à rédiger les premiers textes de La Littérature sans estomac. Découverte admirative de Valère Novarina.

1997
Fonde la revue littéraire Hesperis, avec, entre autres, Loïc Chotard, André Guyaux, Claudio Galderisi, Paolo Tortonese. S’occupe du choix des textes et des artistes invités. La revue publie de jeunes auteurs, des traductions, des inédits de grands écrivains, des pages critiques. Quelques-uns des textes que l’on retrouvera dans La Littérature sans estomac commencent à y paraître. Se lie avec le réalisateur Bernard Jannin, originaire du même hameau du Cantal. Plus tard, projet commun d’émission sur Vialatte pour Arte, qui n’aboutit pas.

1998
En février, mort, dans le village du Cantal, de la fille d’un couple d’amis paysans. Porte la bière de la jeune fille et la descend dans le caveau. Ces obsèques déclencheront le besoin d’écrire sur le village. Au printemps, organise à Mulhouse un colloque sur Alexandre Vialatte. Ecrit une première version de La Cantatrice avariée.

1999
Obtient six mois de congé sabbatique pour recherche. Durant un trajet nocturne Paris-Tours en voiture, se brame le début du long poème « Soliloque du gardien anglais ». Organise un colloque sur l’incongru au château d’Azay le Ferron. Rencontre Hélène Védrine. Rencontre Claude Louis-Combet à Besançon. Rédige Dans mon chien, refusé partout. Carnage de clowns finit par être accepté à l’Harmattan. C’est le premier récit réellement publié. Il s’en vendra quelques dizaines. Mort, à trente-neuf ans, de Loïc Chotard, jeune romancier, co-fondateur d’Hesperis. Publie chez Corti son essai sur L’Incongru dans la littérature, issu de ses séminaires. Séparation, puis divorce. Elu professeur de littérature moderne à l’université Grenoble III, à l’antenne de Valence. Y rencontrera, entre autres, Lise Revol, Catherine Langle, Nicolas Boulic, François Bérier. Commence à participer aux rencontres d’Aubrac organisées par Francis Cransac. Tournée de conférences en Corse sur l’imaginaire géographique. Commence à rédiger Littérature et authenticité. Figure au jury d’habilitation à diriger des recherches de Claudio Galderisi, sur l’incongru au moyen âge. Vacances de Noël au village pendant la grande tempête. Une semaine sans chauffage ni lumière. Tout le village passe le réveillon dans sa maison.

2000
Enseigne l’histoire de la littérature du XIXe siècle, la poétique, la rhétorique, et donne beaucoup d’ateliers d’écriture dans le cadre de l’université, ainsi que des lectures de textes contemporains. Organise un colloque sur Valère Novarina, associé à une exposition des peintures de Novarina au musée des Beaux arts de Valence, et une lecture de l’auteur à la Comédie de Valence. Travaille aux premières ébauches de Festins secrets. Conférence sur Erik Satie au musée d’Orsay.
2001
Après de nombreux refus, Littérature et authenticité est publié par L’Harmattan. C’est une enquête philosophique sur les relations entre réalité et fiction, l’expérience du deuil, la contemplation du paysage, les illusions de l’« authenticité », autour de la question centrale du « neutre ». Ecrit, avec Hélène Védrine, des textes sur les dessins de Robert Vigneau. Le recueil, Entrée des créatures, refusé par l’éditeur habituel de celui-ci, fait l’objet d’une auto-publication. Rédige une première version, assez courte, de Pays perdu, refusée par plusieurs éditeurs. Mort, à cent ans, de la vieille cousine qui l’a en partie élevé et dont il est le légataire universel. Sous la direction de Charles Dantzig, travaille à une longue préface aux œuvres de Marcel Schwob, éditées par Alexandre Gefen. Le volume paraît aux Belles Lettres en 2002, un peu avant l’édition Phébus. Réunit divers articles pour former La Littérature sans estomac. Par l’intermédiaire d’Eric Dussert, le livre arrive à L’Esprit des péninsules, chez Eric Naulleau, qui l’accepte. Il demande toutefois à ce que le livre soit étoffé. L’ouvrage complet est mis au point à la fin de l’été, chez des amis italiens, Myrta Guainai et Francesco Spandri, en Ligurie. Commence à pratiquer la boxe française.

2002
Rencontre Philippe Jaccottet à Grignan. En dépit de sa virulence, La Littérature sans estomac est plutôt bien accueilli dans la presse. Le livre obtient le prix de la critique de l’Académie française. Rencontre, à cette occasion, avec Michel Déon. En revanche, assez rapidement, les interdictions de publication et les attaques personnelles se multiplient. Au festival « Etonnants voyageurs de Saint-Malo », rencontre Carole Martinez et Cathreine Camus. Des journalistes du Monde, qui le prennent à partie pendant une table ronde, se font conspuer par le public. C’est le début d’une amitié avec Jean-Marie Laclavetine, qui avait la lourde tâche de modérer cette séance agitée. Josyane Savigneau, directrice du Monde des livres, demande à Antoine Gallimard de licencier Jean-Marie Laclavetine. Peu après, Eric Naulleau revient très choqué d’une entrevue violente avec trois journalistes du Monde des livres, dont la directrice. Quelques mois après la parution de La Littérature sans estomac, Dans mon chien est publié par John Gelder, directeur des éditions Parc. Rencontre de Pierre Mérot, qui y est également publié. Admiration pour Carnaccia, d’Olivier Gambier (Parc aussi), texte et auteur à peu près inconnus. Rencontre Pierre Bottura et Oliver Rohe, alors rédacteurs à Chronic’art, ainsi que Marine Pagès, artiste peintre.

2003
Avec Eric Naulleau, publie Petit déjeuner chez tyrannie, pour faire le point sur l’accueil de La Littérature sans estomac, notamment au Monde des livres, et la tentative de censure orchestrée par la direction de ce supplément. Josyane Savigneau et Jean-Luc Douin, du Monde, lui font envoyer par Maître Pierrat une mise en demeure de suppression de certains passages. Refuse. Une pétition de soutien est lancée par des universitaires et des éditeurs, menés par Fabrice Thumerel et Loïc di Stefano. Parution de Pays perdu, sur le hameau du Cantal. Le livre est bien accueilli, sauf au Monde des livres. A la suite d’un différent de voisinage, sa voisine du dessus tente de l’éventrer avec un couteau de cuisine. Au commissariat, elle exhibe l’article de Jean-Luc Douin dans Le Monde sur La Littérature sans estomac pour prouver le caractère peu recommandable de son auteur. Travaille sur des ébauches du Maréchal absolu. Rencontre le peintre et photographe Henri Maccheroni. Rencontre Jérôme Garcin. Rejoint un petit groupe de réflexion sur la littérature, qui comprend Eric Naulleau, Jean-Philippe Domecq, Belinda Cannone, Dominique Noguez, Philippe Raymond-Timonga, Philippe Renonçay.

2004
Naissance de Jean, de l’union avec Hélène Védrine, maître de conférences à la Sorbonne. Série de conférences à l’université Bar Ilan de Tel Aviv. Découvre Jérusalem, Massada. Randonnée dans le désert du Néguev. Pour répondre à une commande de Jean-Loup Chiflet, écrit avec Eric Naulleau Le Jourde et Naulleau, parodie du « Lagarde et Michard » sur des écrivains contemporains. Le livre reçoit un accueil assez mitigé. Voyage au Japon : Nagasaki et les îles Goto. Amitiés japonaises. Conférence sur Marcel Schwob et l’affaire Dreyfus à l’université Hitotsubaschi de Tokyo. Travaille avec Kristian Desailly à Haïkus tout foutus, qu’ils mettent au point au cours d’une nuit arrosée de pur malt. En atelier d’écriture, fait travailler ses étudiants sur des parodies du « Petit chaperon rouge » façon Exercices de style. Rencontre la troupe des Lecteurs livreurs, dirigée par Bernhard Engel, qui lit ses textes à plusieurs reprises. Pays perdu parvient jusqu’au hameau du Cantal décrit dans l’ouvrage. Certains villageois le prennent très mal. Ecrit une longue lettre d’explication à toutes les familles.

2005
Se met en disponibilité de l’université. Parution de Festins secrets. Rédige La Quadrature du sexe, sur des photomontages de Maccheroni. Voyage en Egypte à l’occasion d’un colloque à Alexandrie. Se blesse en plongeant sur un banc de sable. Durant une nuit d’insomnie à l’hôtel Cecil, construit la trame de L’Heure et l’ombre. Conférences en Norvège, à l’université de Bergen, dans le séminaire de Per Buvik. Rencontre Jean-Yves Cendrey. Organise un colloque Jaccottet à Valence. En été, retour dans le Cantal avec sa famille. Agressée par une partie des habitants, qui lancent des pierres, la famille doit fuir, avec un enfant d’un an blessé. Les agresseurs, dont certains sont sérieusement blessés, portent plainte pour coups et blessures.

2006
Ecrit L’Heure et l’ombre entre décembre 2005 et février 2006. Conférence à l’université de Florence, dans le séminaire de Giovanna Angeli. Participe à un ouvrage collectif réunissant poètes et artistes, Qui rira le dernier, à l’initiative d’Alain Blanc, des éditions Voix d’encre. Une soirée de lectures de ses textes en Sorbonne, dont des extraits du Jourde et Naulleau, par les Lecteurs Livreurs provoque la colère de certains professeurs, ulcérés que l’on se moque de Dominique de Villepin. Publication à l’Archange minotaure de L’œuvre du propriétaire, parodie de travail universitaire appliqué à ses propres textes. Jean-Michel Cornu, directeur de l’Archange minotaure, accepte également de publier Petits chaperons dans le rouge, textes issus des ateliers d’écriture de l’université de Valence. Le livre se vend bien, malgré l’absence d’articles. Rédige Carnets d’un voyageur zoulou, en réaction aux émeutes de novembre 2005. En juin, résidence d’écrivain pendant un mois à la villa Marguerite Yourcenar, dans le Nord. Y rencontre la romancière Fabienne Kanor et la poétesse américaine Eva Salzmann. Ecrit Le Tibet sans peine. Abandon, provisoire, d’un projet de roman, Trois rois, sur Nabonide, Demetrios Poliorcère et Tamerlan. Participe à une rencontre littéraire franco-chinoise dans le séminaire d’Annie Curien à l’Ecole des Hautes études. Dans les coulisses du Théâtre de la Colline, pour la sélection du prix France-Culture Télérama, la rencontre avec Christine Angot tourne mal. La romancière jette à terre le gobelet tendu par son critique et quitte les lieux furieuse.

2007
Obtient du CNL une bourse d’année sabbatique, pour écrire Le Maréchal absolu, à l’état d’ébauche. Le début du roman paraît en plusieurs livraisons sur le site libr.critique. En octobre, le sujet et la trame de Paradis noirs s’imposent, et repoussent encore l’écriture du Maréchal absolu, qui s’avère plus difficile encore que celle de Festins secrets. En revanche, Paradis noirs est terminé en mars 2008. Publie le collectif Université : la grande illusion, en préparation depuis deux ans, pour réagir à la dégradation continue de l’université en France. Publie Portrait des mouches, histoire de l’interprétation et tentative de réinterprétation des étranges gravures du XVIe siècle intitulées Songes drolatiques de Pantagruel. Procès d’Aurillac. Défendu par Jean-Paul Carminati, avocat, écrivain, membre des Lecteurs Livreurs. Condamnation des agresseurs du village, sur les témoignages d’autres habitants. Au salon du livre, entrevue houleuse avec François Bégaudeau, qui n’a pas du tout aimé Carnets d’un voyageur zoulou. Cet ouvrage, par ailleurs, entraîne des accusations de racisme. Une descente de rivière en canoë au Canada passe très près de la catastrophe.

2008
Parution de La Cantatrice avariée, version remaniée du texte écrit dix ans auparavant. Parution de la version augmentée du Jourde et Naulleau. Critiques généralement assez négatives. Parution de Littérature monstre, gros recueil de textes critiques. Première publication chez Gallimard, à la suite du dépôt de bilan de l’Esprit des Péninsules : Le Tibet sans peine, récit de voyage, premier volume de la collection blanche à inclure des photographies. Petits chaperons dans le rouge est mis en scène par deux compagnies théâtrales. Prononce la conférence plénière de la semaine d’études médiévales du CESM de Poitiers, sur les fatrasies. Série de conférences dans les instituts français en Allemagne (Essen, Kiel, Hambourg, Berlin). Commence à programmer le festival de lectures à voix haute donné chaque année en novembre par l’équipe des Livreurs-Lecteurs dirigée par Bernhard Engel. Participe aux lectures. Fonde avec eux la collection de CD audio « Drôles de classiques ».

2009
Reprend les cours à l’université de Valence. Un article publié dans Le Monde pour remettre en cause l’indignation sélective contre Israël à propos de la crise de Gaza suscite de nombreuses réactions, positives ou négatives, parfois violentes. Accusé de racisme. Commence un blog sur le site du Nouvel Observateur. Parution de Paradis noirs. Membre du conseil scientifique du Centre de Recherche Français de Jérusalem. Conférence à l’université de Vérone, dans le séminaire du professeur Anna Maria Babbi. Première, à Gordes, de la performance « Abois », à partir du texte de Dans mon chien, avec une improvisation picturale de Kristian Desailly et musicale du pianiste John Cuny. Elle sera donnée aux Rencontres d’Aubrac et au musée Rops de Namur. Première intervention dans la librairie l’Esperluette d’Olivier Lhostis, à Chartres.

Depuis 2010
Mars : rupture des ligaments croisés à la suite d’un accident aux sports d’hiver. Greffe des ligaments. Le 10 avril, épouse Hélène Védrine, mère de Jean, et sa compagne depuis 1999. France culture diffuse une adaptation de Paradis noirs, avec Denis Lavant, André Marcon, Yann Collette, Valérie Dashwood. Conférence au Collège de France, dans le séminaire d’Antoine Compagnon, « Ecrire la vie ». Rencontre Patrick Tudoret. 16 octobre, ultime descente à pied de l’estive, dans les monts du Cézallier, avec les amis paysans de Lussaud, Cantal. Entre à la commission romans du CNL. Diffusion sur France Culture de l’émission « A voix nue » qui lui est consacrée. Parution chez Anabet de 40 ans de rentrées littéraires, sur des photos d’écrivains d’Ulf Andersen.

2011
Parution chez Balland de C’est la culture qu’on assassine, recueil des chroniques du blog tenu sur Bibliobs. Parution de La Présence, premier volume d’une nouvelle collection créée par Brigitte Bouchard aux Allusifs sur « Les Peurs ». Conférences à Montréal en octobre. Randonnées dans les Laurentides.

2012
Conférences à l’université Virginia Tech, aux Etats-Unis, à l’invitation d’Alexander Dickow. Randonnée dans les Appalaches. Organise à Valence un colloque sur Eric Chevillard. Conférence à l’université de Venise sur le champ littéraire français contemporain, dans le séminaire du professeur Olivier Bivort. Parution aux éditions Page Centrale de Voyage en Auvergne, linogravures de Piotr Kalinski. Voyage en Israël pour les 60 ans du Centre de Recherche Français de Jérusalem. Parution chez Gallimard de Le Maréchal absolu. Prix Virilo. Publication de deux plaquettes poétiques aux éditions du Réalgar : Crucifixion rumba, illustrée par Barrie Hastings, et La Vieille à sa fenêtre, illustrée par Francis-Olivier Brunet. Nouvelle performance avec Kristian Dessailly et John Gelder à partir du Maréchal absolu : « Maréchal Castafiore ». Donnée quatre fois.

2013
Entre au jury de la fondation des Treilles. Conférence à l’université de Florence sur Le Maréchal absolu, avec Claudio Galderisi. Conférence à la Sorbonne, dans le séminaire de Frank Lestringant, sur l’imaginaire géographique. Détaché au CNRS, à l’Institut des Textes et Manuscrits, pour un programme de recherche consacré à l’autocensure des écrivains. Participe au séminaire de Jean-Baptiste Amadieu, à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, sur la censure et l’autocensure. Parution de La Première pierre chez Gallimard. Prix Giono. Invité à « La Grande librairie ». Participe aux « Rencontres de Chaminadour » consacrées à Patrick Deville. Publie avec Nicolas Boulis Du Moyen âge à la Renaissance : perspectives cavalières, volume d’hommages à François Bérier. Rencontre Martine Boutang, des éditions Grasset. Stage de sports de combat à la caserne de la Garde Républicaine du Bois de Vincennes.

2014
Le 17 mai, décès à la Pitié-Salpêtrière de Gabriel, 20 ans, alias « Kid Atlaas », après un an de lutte contre le cancer. Organise avec Jean-Baptiste Amadieu le colloque sur l’autocensure des écrivains qui se tient à L’Hôtel de Massa, siège de la SGDL. Participe aux rencontres littéraires franco-chinoises à l’Hôtel de Massa. Dossier dans Le Matricule des Anges. A l’invitation d’Elisabeth Ladenson, conférence-débat à l’université Columbia, New York, avec Antoine Compagnon, sur la littérature contemporaine. Invité par Patrick Deville au festival Meeting de Saint-Nazaire, rencontre Olivier de Sagazan. En novembre, intervient au colloque « Rabelais » de la Sorbonne. Prend des cours de Krav maga.

2015
Mort de Colette Jourde le 11 janvier. Présence à la manifestation « Je suis Charlie ». Parution de Géographie intérieure, dans la collection d’abécédaires « 26 », chez Grasset. Rencontres de Yann Moix, de Jacques Henric, de Daniel Goossens. Carte blanche à l’ « Intime festival » de Namur organisé par Benoît Poelvoorde. Invite le chanteur Jacques Bertin et le cinéaste Bill Barluet pour Là-Haut, fiction inspirée des événements de Lussaud. Conférence sur Marcel Schwob à la Sorbonne, séminaire de Paolo Tortonese. Invité au bouclage de Fluide glacial. Conférence au théâtre du Lucernaire : « individualisme et culture ». Commence à pratiquer la boxe de rue. Invité par Jérôme Garcin aux 60 ans de Le Masque et la plume. Conférence à la Sorbonne avec Hédi Kaddour : « Voltaire et les écrivains d’aujourd’hui ».

2016
Parution de La Culture bouge encore, deuxième volume des chroniques sur Bibliobs. Prend avec André Guyaux la direction de l’édition Pléiade des romans et nouvelles de Huysmans. Conférence dans son séminaire de la Sorbonne consacré aux impostures littéraires : « Les Déliquescences d’Adoré Floupette : imposture, parodie ou pastiche ? ». Le 15 avril, table ronde dans le colloque « Les genres du roman ». Conférence-lecture sur Vialatte à la Sorbonne le 12 mai, à l’occasion de la remise du fonds Vialatte à la bibliothèque Jacques Doucet, avec François Béal, Bernard Engel, Denis Wetterwald.